Rapport Final

== XXX Début transmission 4DRREF27GDF34F4D23 ==

# Rapport psycho-social décisionnel: planétoïde primitif A1.2.H36Z245G3

## Objet: Rapport final synthétisant les recommandations des rapports précédents, et émettant l’avis du secrétaire temporaire de la commune des historiens civilisationnels.

## Diffusion à: commune des diversificateurs, commune des recycleurs, présidence temporaire

## Copie à: commission des archives des systèmes organiques disparus

Ce rapport sera succinct: l’affaire est assez simple et nos motivations clairement définies.

Parmi les quelques espèces peuplant le planétoïde, on remarquera la frontière classique entre un règne végétal et un règne animal. Le  règne végétal a parfaitement rempli son rôle de précurseur et de régulateur écologique. On notera notamment la présence de colonies de mutants relativement stables et naturellement connectés suivant les principes universels de l’empathie symbiotique primitive. Ils furent nommés « arbres » par une espèce animale de classe III, ce qui n’est pas sans rappelé notre propre culte du Ar’braah. Ici on pourra conjecturer que la proximité phonétique n’est peut ête pas fortuite: un lien empathique à l’échelle galactique, bien que très ténu et relativement peu probable, a pu s’établir à des périodes anciennes. Certains cas de cette nature ont déjà été signalés dans des systèmes périphériques.

Cependant, c’est la seule et unique indication d’un éventuel intérêt supérieur chez l’espèce sus mentionnée. Aucune communication significative avec le substrat écologique n’a été détecté pendant les quelques siècles de surveillance avancée. Je laisse à l’appréciation du lecteur ce fait que je trouve pour ma part conclusif: une telle espèce, si riche en potentialités, et si pauvre en conscience réelle, ne peut être qu’un facteur négligeable au mieux, une source d’instabilité au pire.

Sur cette base, je passerai donc brièvement sur mes conclusions générales pour en arriver directement à mes conclusions.

C’est une espèce technicienne depuis plusieurs millénaires. Leur talent et leur goût pour la conception semble infini, il est cependant totalement bridé par le caractère fondamentalement fermé et individualiste des modes d’organisation. Il est en outre rendu inefficace pas une hyperactivité certainement liée à une insécurité émotionnelle latente (cf. relations au pouvoir évoquées dans la suite de ce rapport).
On notera une subtile différence résiduelle entre les deux pôles reproductionnels dits « mâles » et « femelles », dans le cadre déjà très contraignant et limité d’une reproduction bisexuée. Cette mince différence, si elle repose en partie sur des bases biologiques, fut artificiellement marquée au cours de l’histoire par des cultures profondément marquée par l’attitude disjonctive de l’espèce. On notera cependant pour archivage, que le caractère technique de cette espèce s’exprime principalement envers les systèmes physiques/automatisés pour les « mâles », alors que les « femelles » semblent tournées vers les systèmes biologiques/communicateurs. Il existe de nombreuses exceptions à cette règle statistique, mais des traces de structures neuronales dédiées ont été détectées. Dans la cadre de la culture planétaire en question (si tant est qu’il soit possible de définir une culture planétaire pour un niveau de développement si bas), on pourrait croire que les femelles sont plus proches d’un véritable système empathique. Il n’en est cependant rien en deuxième analyse, les différences résiduelles après correction du bruit culturel associé étant négligeables.

Femelles comme mâles ne pensent qu’à conquérir pour mieux exploiter le travail des autres. C’est là un trait fondamental qui résume à lui seul beaucoup de choses: essentiellement une culture de la domination, induisant une attitude xénophobe, auto-destructrice, invasive, et particulièrement instable. L’étude de l’évolution socio-historique nous a montré plusieurs peuplades, ou embryons de civilisations continentales, qui adoptaient un mode d’organisation ouvert et collaboratif semblable au notre. Cependant, ces tentatives furent systématiquement écrasées, au cours de massacres parmi les plus cruels et massifs de l’histoire répertoriée. On notera particulièrement la catastrophique expérience dite « Soviétique », responsable a elle seule d’une bonne part des horreurs. Elle se consuma de l’intérieur, ivre de sa puissance et épuisée par la compétition avec un rival encore plus vorace. Ici le principe collaborationnelle était un masque tragique, cachant une férocité maniaque et égocentrée au niveau de l’état même. Ce changement d’échelle dans les pathologies humaines connues, de l’individu à l’organisation nationale, fut confirmé de manière éclatante et conccomitante par le fameux épisode Nazi, indiquant un saut dans le niveau pathologique de l’espèce.

Sur un plan strictement historique, on pourra s’interroger sur le rôle de l’usage abusif de structures étatiques dans l’histoire récente, et sur la réminiscence continue de périodes féodales indiquant le manque d’autonomie fondamentale de l’espèce, ainsi que sa propension à la domination contre-productive (cette dernière alimentant cette première, et vice-versa).

Parmi les peuplades étudiées, les indigènes pré-industriels du territoire « amérique du nord » avaient des valeurs et des modes de gestion particulièrement semblables aux notres. Les études récentes tendent même à indiquer que les « amérindiens » était parvenu à un stade proto-évolué, étant sur le point d’expérimenter leur première liaison collective empathique avant l’arrivée des colons européens et le génocide fulgurant qui s’en suivit. Quelques décennies de plus, et ce peuple disparate mais guidé par une solide vision aurait mené la planète vers un avenir plus équilibré et prospère qu’elle ne l’a jamais rêvée. A quoi tient le destin d’une planète: il aura suffit qu’une bande d’énervés découvrent la navigation avant les autres, et c’en était fait.

Notons également la présence d’une poignée d’autres peuplades semblables dans la passé, en général à courte durée de vie, et dont les restes actuels sont concentrés dans des zones fermées achevant lentement mais sûrement tout possibilité d’éveil concret. La destruction accélérée du substrat écologique ne laisse en outre aucun espoir quant à un éveil ultérieur.

En sus des remarques déjà faites dans la présente, on additionera les références #562FRFS3453F3FY, #F2G885GSZ5GG5 et #41SDR4132T432TFE4, qui atteste de l’importance d’une surveillance minutieuse des développements techniques concernant le vol spatial. Les quelques sabotages préventifs réalisés jusqu’ici ont certes eu un impact important, mais des initiatives privées commencent à s’établir et seront à terme littéralement incontrôlables.

Je préconise donc la destruction totale du planétoïde primitif A1.2.H36Z245G3, afin d’optimiser les points de passage du réseau énergétique galactique et désenclaver enfin le secteur H4.

Pour l’enregistrement par le musée des populations mortes, cette planète était appelée « la Terre » par ses habitants de classe III « les humains », ce dans le dialecte le plus répandu à la date du présent rapport.

Le choix du mode de destruction sera effectué par la commune des recycleurs. Je conseillerais pour ma part une méthode basé sur un plasma planétaire froid, afin de récupérer les minéraux essentiels avec un fort rendement. A titre personnel, j’évoquerai également la possibilité de tester la méthode expérimentale d’effondrement gravitationnelle. La commune des ingénieurs planétaires disposent maintenant d’un prototype de classe IIa, et leurs premiers tests sur des planètes naines se sont révélés très positifs. Le taux d’occupation de ce secteur étant assez bas, on ne pourra craindre aucune perte significative même en cas d’irradiation massive ou d’onde de choc à l’échelle du système planétaire. On pourra d’ailleurs y voir une occasion de tester cette solution à l’échelle interstellaire: un effondrement du sytème solaire entier et de 2 ou 3 systèmes alentours serait avantageux, tout en restant de l’ordre du raisonnable.

La seule précaution importante à mes yeux, et je pense que la commune des diversificateurs rejoindra mon avis, sera de prélever quelques milliers de couples d’Amphoris distillateurs. Il reste une colonie millénaire sur un satellite primitif d’une des planètes géantes gazeuses. Nous avons déjà repéré leurs trajets sociaux-économiques, le prélèvement ne sera qu’une formalité.

Etant donné leur capacité, inédite jusqu’ici dans le régne du vivant, à concentrer l’énergie thermique pour la restituer sous forme électrique ou radiative, et le mystère que constitue leur présence dans un système d’autre part très pauvres génétiquement (peu d’espèces, des espèces singulièrement lentes à évoluer, un cloisonnement excessif entre espèces…), je pense que cette action est importante. Elle suit en tout cas la ligne 6.3.b du code systémique de gestion de la diversité, je laisse à mes collègues diversificateurs l’appréciation de ce point essentiel.

Concernant les humains et les autres espèces de « Terre », une inscription automatique dans le groupe des bras morts évolutionnels a été faite il y a quelques siècles (peu après le génocide amérindien évoqué plus haut). Les informations récoltées depuis ayant largement confirmé ce jugement, tout en ajoutant un caractère invasif et une forte potentialité de risque d’expansion dans les prochains cycles, leur disparition ne pose aucun problème particulier de mon point de vue.

== fin de transmission == signature publique XX45FGE54DZ5F2SFH7TYH34TF4MKS2ZOK202KOZ20 ==

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